Surnommée la ville blanche, Arequipa est une étape incontournable lors d’un voyage au Pérou. C’est au cœur de celle-ci que se trouve le couvent de Santa Catalina. Plus grand couvent du monde, 2 hectares de superficie, il est aussi impressionnant par sa taille que par son architecture unique et colorée!


Fortifiée, dotée de nombreuses ruelles, de maisons individuelles, c’est une véritable «cité dans la cité». Inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO, le couvent de Santa Catalina est unique.

Il combine trois styles architecturaux: baroque, néoclassique et néocolonial. Les rues à l’intérieur du monastère portent des noms de villes espagnoles: Málaga, Sevilla (Séville) et Granada (Grenade), ce qui ajoute une touche européenne à ce site péruvien.


Lors de notre visite, nous sommes transportés dans ces ruelles colorées et étroites sur lesquelles on observe des fresques. L’ambiance y est sereine. À l’entrée, on peut lire «Silencio», qui donne tout de suite le ton.

L’histoire fascinante du couvent de Santa Catalina
Celui-ci a été créé en 1579. La fondatrice, Doña María de Guzmán, est une riche veuve espagnole sans enfant. Elle décide de donner tous ses biens pour financer la construction du monastère. Elle en devient donc la première habitante.

Pendant des siècles, jusqu’à 500 religieuses ont vécu coupées du monde extérieur. Les familles espagnoles, à l’époque coloniale, avaient pour tradition d’envoyer leur fille cadette. Entrer au couvent était considéré comme un honneur pour la famille. Les jeunes filles y rentraient à l’adolescence (certaines rentraient contre leur gré).
Lors de son arrivée en ces lieux, la famille devait payer une dot «d’entrée» pouvant s’élever à 60 000 à 150 000 dollars afin d’agrémenter et d’embellir le monastère: tableaux, représentations saintes, vaisselle européenne, etc.

Les riches familles souhaitaient que leur fille ne manque de rien et conserve un niveau de vie élevé. Ainsi, la cadette entrait dans les ordres mais était accompagnée par ses servantes. Elle vivait souvent dans des cellules (chambres) privées. Ces cellules plus grandes disposaient de plusieurs pièces distinctes: une chambre pour la sœur, une pièce pour ses servantes et même quelquefois une cuisine et un lieu extérieur.
Les cellules privées de certaines sœurs issues de familles aisées.

Les autres soeurs dormaient dans un dortoir commun.

La cuisine privée dans une maison individuelle

Toutes les sœurs n’avaient pas les mêmes conditions de vie, certaines étaient favorisées de par leur statut social ou la richesse de leur dot. Cela peut paraître très choquant aujourd’hui. Notre guide nous explique également que certaines veuves venaient s’installer au couvent pour y être en sécurité, non pas par conviction catholique.

La représentation du dernier repas du Christ est un don réalisé par une riche famille espagnole pour l’entrée au couvent de sa fille.

Cet espace était le «parloir», seul lien avec le monde extérieur pour les sœurs. Aucun contact physique n’était permis avec les familles qui se tenaient de l’autre côté des grilles.
La vie des religieuses au couvent de Santa Catalina
La vie à Santa Catalina est bien loin de celle observée par les sœurs des autres couvents. Ici, elles alternent entre des temps de prière et de «travail». Elles fabriquaient des vêtements, des objets religieux, ainsi que des produits alimentaires, qui étaient parfois vendus à l’extérieur du monastère.
L’éducation des novices comprenait des leçons de lecture, d’écriture et de musique, en plus de l’enseignement religieux. Le terme de «novice» désigne les sœurs qui n’avaient pas encore prononcé leurs vœux définitifs. La formation durait 3 ans.

La vie était plutôt paisible au sein de l’institution. Mais ce rythme de vie ecclésiastique peu conventionnel finit par choquer. Le train de vie mondain de certaines religieuses remonte jusqu’au pape de l’époque, Pie IX.
Il décide alors d’envoyer, en 1871, la sœur Josefa Cadena pour réformer le couvent. À son arrivée, elle libéra les servantes et laissa le choix aux sœurs d’y rester ou de quitter.

Aujourd’hui, le couvent de Santa Catalina accueille des visiteurs dans une grande partie de ce lieu.

Seule la partie habitée par une vingtaine de sœurs reste fermée au public.

Informations à savoir pour la visite: une application mobile est proposée, mais nous vous conseillons de prendre un guide à l’intérieur du couvent (10 soles soit 2,50 euros par personne, pas besoin de réserver).
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Crédit photo: Marylène Le Bas
